2# L’alimentation responsable

Gaïa-Entrepreneurs a choisi comme thématique l’alimentation responsable pour cette conférence. L’enjeu était de montrer comment des initiatives entrepreneuriales et associatives pouvaient favoriser une meilleure information des consommateurs et, in fine, une alimentation plus responsable de leur part.
Théodore Fechner, Florent Blondin et Martin Chevallier nous ont fait part de leurs initiatives en faveur d’une alimentation plus responsable.
  • Théodore Fechner (LundiCarotte)
Le projet initial de LundiCarotte était une base de données collaborative. Le projet a rapidement été abandonné car il était difficile de recruter des bénévoles et d’alimenter de manière régulière la plateforme. La deuxième piste choisie a été celle de l’envoi hebdomadaire d’une newsletter d’information : LundiCarotte était né !
La consommation responsable est le fait que le consommateur agisse en tenant compte de sa responsabilité : il est conscient des conséquences de son achat. La responsabilité du consommateur n’est pas de faire un achat parfait mais de connaître les conséquences de son achat. L’acte d’achat doit alors être fait en cohérence avec les préférences de chacun. La consommation durable désigne quant à elle une pratique qui ne nuit pas à notre écosystème et aux générations futures.
Le parti pris est de proposer une synthèse sur un sujet donné à partir d’articles et d’études scientifiques en y intégrant des conseils. Souvent, plusieurs préconisations sont proposées afin de s’adapter aux différents types de lecteurs et à leurs habitudes alimentaires. Certains lecteurs sont dans une véritable démarche de changement de leurs habitudes. D’autres sont novices et ne savent pas comment changer leurs pratiques pour diminuer l’impact de leur consommation. LundiCarotte s’adresse principalement aux personnes qui ont peu de connaissances dans le domaine. Le ton ne doit pas être trop ferme pour éviter de faire peur à certains des lecteurs.
Le parti pris est de combattre l’idée que consommer durable est plus cher. Des arbitrages peuvent être réalisés pour éviter de trop dépenser tout en réduisant l’impact négatif des modes de production. L’objectif de LundiCarotte est de proposer plusieurs solutions qui s’adaptent à chacun. Une fois informé, le consommateur est à même de réaliser les arbitrages qui correspondent à son mode de vie.
La difficulté est de ne pas être trop dogmatique et d’analyser toutes les possibilités existantes en recensant l’impact de chacune des pratiques. Il s’agit parfois d’aller contre des idées reçues : une grande marque peut avoir d’excellentes initiatives qui seront mises en avant par LundiCarotte.
Pour en savoir plus : https://www.lundicarotte.fr/
                                    https://www.facebook.com/lundicarot…
  • Florent Blondin (Ecocompare)
Ecocompare existe depuis 2009 ; il a été fondé par Patrick Montier : Florent avait alors monté une association d’éco-concepteurs. Ecocompare s’appelait initialement “Tous acteurs” était une association.
Ecocompare est un site pour éclairer les éco-acteurs qui peuvent être perdus entre les différents labels. L’idée est de se concentrer sur un produit, demander au fabriquant comment était conçu le produit afin de lui donner une note. La note est établie en fonction des préférences de l’utilisateur : chacun choisit quelle proportion il souhaite accorder aux aspects sanitaires, environnementaux et sociétaux. Ces critères sont alors pondérés pour donner la note globale adaptée aux préférences des utilisateurs.
L’alimentaire, au départ, n’était pas inclus au projet car il n’allait pas de soi pour les fondateurs : l’agriculture biologique et la production locale semblaient leur apporter des garanties suffisantes. En se penchant sur le sujet, ils se sont rendus compte que des pratiques qui semblaient aller de soi ne garantissent pas nécessairement un impact environnemental plus faible. En outre, certains produits ne peuvent pas être fournis localement. Quels conseils apporter aux utilisateurs d’Ecocompare ?
Un des enjeux était de fournir une information claire malgré les nombreux labels existants, qui peuvent parfois brouiller l’information. Une méthodologie a été créée pour prendre en compte la production mais aussi l’emballage du produit et son transport. L’évaluation permet de donner une note qui ne prenne pas uniquement en compte des aspects alimentaires. Ecocompare contacte les producteurs pour en savoir plus sur la production d’un bien donné. La démarche permet également d’informer les fabricants pour leur proposer des solutions alternatives.
Ecocompare a fonctionné avec une application : il était alors proposé aux utilisateurs de scanner les produits pour augmenter la base de données dont disposait le site mais aussi d’entrer plus facilement avec les fabricants. Malheureusement, l’engouement s’est essoufflé sur le long terme.
Pour intégrer une dimension plus collaborative, l’entreprise est redevenue une association au début de l’année 2018.
Les produits références concernent des produits de grande consommation, qui peuvent être trouvés dans la grande distribution. Les marques sont contactées pour un prestation d’audit : Ecocompare étudie la production et la conception de chacun des produits référencés avant d’être mis en avant sur Ecocompare.
Plus d’informations : http://www.ecocompare.com/
  • Martin Chevallier (Le guide de l’alimentation durable)
Le projet ne concerne pas uniquement les étudiants de la Sorbonne mais potentiellement tous les étudiants de France. Ils sont les premiers concernés en raison de leur budget restreint : l’alimentation est le plus souvent un budget amputé en raison des difficultés financières des étudiants. Green Wave est partie de l’enquête du REFEDD, qui souligne l’intérêt des étudiants pour les questions environnementales.
L’association a mis en place une questionnaire ( pour mieux connaître les pratiques alimentaires des étudiants. Au moment de la conférence, 268 personnes avaient répondu à l’enquête. Le budget des courses et des sorties a été évalué pour proposer des conseils adaptés aux capacités financières des étudiants. D’autres questions portaient sur l’utilisation d’un calendrier de saisonnalité, les pratiques d’achat (bio, local, commerce équitable, …). L’association s’est également demandé si les étudiants regardaient la liste des ingrédients et dans quel but. Le questionnaire est visible ici : https://docs.google.com/forms/d/e/1…
L’idée est de faire un guide qui soit adapté à l’ensemble des contraintes de chacun. Les rédacteurs ont voulu tenir compte des disparités socio-économiques mais également géographiques. C’est pour cette raison que le questionnaire a été diffusé dans de nombreuses villes.
Les rubriques du guide peuvent être lues indépendamment les unes des autres. 12 grands domaines ont été identifiés : la lutte contre le gaspillage, le recyclage des déchets alimentaires, le choix des contenants, … Chaque rubrique sera organisée avec un point “théorique”, des astuces, des conseils appliqués et des bons plans (sites internet, applications, labels, …). Des recettes sont données à la fin du guide afin de mettre en application les conseils dispensés dans le guide.
Le guide propose un ensemble d’astuces pour avoir une alimentation variée, responsable et peu onéreuse. Par exemple, les étudiants consomment beaucoup de thon en boite alors que ce type d’aliment comporte des métaux lourds. Des recettes sont proposées avec du maquereau, de la sardine et du hareng : des poissons faciles à trouver, riches en oméga 3 et peu chers.